SOURCES : Prevue, The Gift of Fury, David C. Smith, Starlog.
COMMENTAIRE AUDIO : Non.
NOVELIZATION : Oui.
COMIC BOOK : Oui.
FILMÉ? : Oui.
DERNIÈRE MISE À JOUR DES ANNEXES : 14/10/07

 
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Documents, images et remarques supplmentaires
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Toutes les coupes subies par CONAN, LE BARBARE n'ont pas été imposées par la censure ou les producteurs. Certaines ont été faites du propre chef de Milius, comme il l'explique à Jim Steranko dans l'interview de Prevue :

 
 
  "In one scene, Conan killed a couple of women--and we didn’t want him to do that because he’s a chivalrous fellow. I took the scene out."
 
 

Nous avons déjà vu que la scène où Conan décapitait une gladiatrice dans l'Arène a (plus ou moins) disparu du montage final. Mais Milius parle ici d'un autre passage, qui se situait bien plus tard dans le film, lors de la séquence de l'Orgie, comme le signale Akim "Goose" Bischoff :

 
  During Conan, Valeria, and Subotai's raid in Thulsa Doom's Orgy Chamber, Conan storms through across the marble floors, slashing at anything he sees. One of the orgy women of Doom suffers a mighty blow dealt by Conan, when the barbarian splits open her belly and spills her gizzards! By Crom! It is believed that director John Milius felt this act against the unarmed woman, was too brutal an act, even for a vengeful barbarian such as Conan. This scene was eventually cut.
 
 

Il existe plusieurs photos qui détaillent le tournage de cette scène (images 0 à 4).

        

Milius
a visiblement retourné une version "soft" de cette même scène, dans laquelle Conan, au lieu de sabrer la jeune fidèle désemparée (Pilar Alc√≥n) qui se présente devant lui au sommet des marches, ne fait plus que la bousculer hors de son chemin d'un simple revers de la main : c'est la version qui figure désormais dans le film (images 5 et 6).

   
 
   
   

Dans son essai, David C. Smith remarque que la séquence toute entière a connu de multiples changements lors des réécritures du scénario :

   
 
  Conan, Valeria, and Subotai’s furtive entry into Doom’s Mountain of Power to rescue the princess is a more strenuous and bloody effort in the second-draft screenplay than is the edited escapade that made it to the screen. Once they have covered each other with camouflaging pigment, they approach Doom’s fortress by floating down a river while hugging onto inflated goatskins. Caves, tunnels, and a bridge are patrolled by mutants and neanderthals that must be confronted and dispatched. (Are these mutants a story element left over from the Oliver Stone script?) Conan spies his father’s sword hanging on the wall behind Thulsa Doom’s throne in the orgy chamber but is unable to retrieve it during the melee that erupts when he and the others charge in to rescue the princess. Milius’s writing rings with the authenticity of a talent who could write some fine sword-and-sorcery if he had a mind to:
 
 
 


CLOSE - CONAN

He looks quickly at the sword and beyond it, sees glowing reptilian eyes in the darkness, ready to strike. In a bound he is down among the warriors, executing three flashing cuts. A body spasms--another arches, his iron blade broken along with his spine by Conan’s Atlantean steel. Before these three fall, Brak comes, wielding an axe overhand. Conan’s double-handed parry contains the blow, and both men collide, weapons clattering to the floor.

CLOSE - CONAN AND BRAK

Immense veins and muscles strain almost to bursting as these two enormous men crash together. Brak has Conan by the throat and, having the advantage of size, hurls himself and whips Conan, smashing him into the immense central pillar. The marble shatters; pieces of rock fall on them. Suddenly, a fire-crazed leopard leaps between them, tangling Brak in its chain. Brak screams and releases Conan. With hardly a gesture, he breaks the beast’s back with a snap and hurls it away.

 
 
  Conan grabs the princess, who is given the single pronoun that, in the final cut, is uttered by Rexor; and her identifying him is because of a very different association from that of Rexor’s: the princess recognizes the young barbarian from the street procession in Shadizar:
 
 
 

Conan turns and sees the Princess struggling away. He leaps after her, grabs her brutally by the hair, and pulls her head around. She stares up at him.

PRINCESS
You!

 
 
  Backhanding her to knock her senseless so that she won’t cause further trouble, Conan throws the princess over one shoulder and escapes with Valeria and Subotai, swords flashing and bowstring snapping all the way back to the river, where Thulsa Doom’s viper arrow strikes Valeria.
 
 

La séquence figure encore sous cette forme primitive dans la novelization (descente de la rivière en s'agrippant aux outres gonflées, rencontre avec les hommes-bêtes, épée du père accrochée au mur derrière Thulsa Doom, Valeria affrontant Rexor avant Conan, Rexor attaqué par un léopard rendu fou par l'incendie, etc.) ainsi que dans la BD. Conan, Valeria et Subotai ne mettent pas le feu à la salle marbrée pour créer une diversion, mais parce qu'il leur faut "brûler ce nid de serpents! Une telle corruption ne peut être nettoyée que par la torche." Contrairement à ce qu'on voit dans le film, Conan récupère d'ailleurs l'épée forgée par son père (et il s'en servira plus tard pour terrasser Rexor, puis Thulsa Doom).

Akim "Goose" Bischoff suggère que la présence des hommes-bêtes était beaucoup moins fugitive dans le montage original :

   
 
  Remember Thulsa Doom's elite guards who cover their faces with leather face masks? Remember the one mixing the green, human entrails soup? Those guards were suppose to be Neanderthals. Makeup artist Jose Antonio Sanchez made simple rubber masks for these Neanderthal guards. They were intended for a scene where their faces are glimpsed dimly in a cave. It was suppose to take place when Conan flees the orgy chamber with the princess on his shoulders. As he runs, in one of the deep caverns of the Mountain of Power, he spots these Neanderthals devouring gobs of human flesh. Because of time constraints though, this scene was edited out of the film.
 
 
   
     
   
       
   
Qu'une telle scène (qui figure pourtant dans la seconde version du scénario) ait été tournée est cependant douteux : dans le film, la soupe verdâtre transportée par les sous-hommes est en effet directement servie aux fidèles de Doom. Et, contrairement à ce que laisse supposer Bischoff, les deux masques rudimentaires d'hommes des cavernes (images 7 et 8) créés par le maquilleur espagnol ont bel et bien été utilisés, lors de la scène où Valeria se débarrasse de ses poursuivants dans les cavernes conduisant à la sortie du Temple (image 9). Hormis ces trois-là, le statut d'hommes-bêtes des gardes de Thulsa Doom n'est pourtant pas très clair au montage final. On voit bien à un moment donné l'un des "cuisiniers" se déplacer de façon simiesque, mais il est le seul à le faire dans le plan : les autres personnages ont simplement l'air d'humains plus ou moins difformes aux visages entièrement masqués de cuir.

Dans la novelization, Conan, Subotai et Valeria se questionnent quant à la véritable nature des gardes (lors d'un passage vraisemblablement rajouté par De Camp et Carter) :

     


  - Quelle sorte d'hommes ou de diables sont-ils? chuchota Subotai, abasourdi.
  (...) Conan fit un signe péremptoire de son pouce pour faire avancer ses compagnons. Progressant avec la plus grande prudence, ils dépassèrent le chaudron fumant et son contenu effroyable et finirent par atteindre une autre partie de la caverne où le peuple troglodyte semblait habiter. Les femmes et les enfants des hommes-bêtes, aussi hideux que leurs mâles, poursuivaient leurs affaires domestiques.
  - Des Trolls! marmonna Subotai, les yeux écarquillés. Les légendes de mon peuple parlent d'eux.
  - Non, ce sont les descendants d'une race ancienne qui a vécu dans les cavernes en des temps au-delà de la mémoire humaine, fit Valéria, secouant la tête.
  - Comment ont-ils pu se dégrader pour tomber ainsi au niveau des bêtes? demanda l'Hyrkanien.
  - D'après ce que j'ai entendu, dit Valéria, cela ne s'est pas passé ainsi. Ce ne sont pas des hommes devenus des bêtes; mais des animaux qui ont presqu'atteint le stade des humains. Mon peuple raconte qu'il y a très, très longtemps, il y avait deux branches de notre espèce : nos ancêtres et ces habitants des ombres. Mes parents les appelaient ainsi car ces hommes-bêtes ne peuvent supporter la lumière du jour et ont choisi d'établir leurs foyers dans les grottes souterraines. Quand nos ancêtres se sont répandus partout à travers le monde, cherchant la terre fertile, ces habitants des ombres se sont enfoncés plus profondément encore dans les cavernes.
  - Et se sont nourris de chair humaine, fit Subotai avec dégoût.
  Valéria acquiesça :
  - Ce Doom doit les élever ici pour ses fins sacrilèges. Il les nourrit avec les corps de ses fidèles. Et sur ceux-là il entraîne ses adorateurs à tuer.
  Conan s'assombrit.
  - C'est donc ainsi que ce prophète du Serpent protège ses enfants sans esprit... avec une armée d'hommes-bêtes cannibales qui se remplissent l'estomac avec les imbéciles qui le suivent.
   - Ou avec ceux qui ne veulent plus le suivre, corrigea Subotai.

                     
 
         
   

L'idée des trolls (au final, réduite à presque rien dans le film, sans doute à cause d'un problème de budget [1]) survit néanmoins à travers la musique de Basil Poledouris comme il l'explique lui-même dans le "Starlog" de septembre 1982 :

   
 
  "Later on, in Thulsa Doom's kitchen, a chorus takes up the melodic threads again. But this time, instead of having an unseen chorus singing 'praises from on high,' the trolls of Doom's underworld, who actually work the kitchen, are singing about their work and that chorus in English goes something like : "We are the trolls of the underworld, the hideous demons that service Thulsa Doom's kitchen." And then, it gets a little silly because they are talking about 'frying fresh flesh' and 'do you think this one's name is Nelly' and 'good old Doom feeds us very well.' It's very much a work song for the creatures as they cut up human bodies."
 
 

Dernière coupe à signaler : la ré-apparition tardive de Thulsa Doom a été sensiblement réduite au montage, comme en témoigne ce plan inédit présent dans la première bande-annonce (images 15 et 16) où on le voit descendre quelques marches aux côtés de Thorgrim seul (donc, avant qu'ils n'aillent aider Rexor à se relever), en disant : "They are the purveyors of their own deaths!" ("Ils seront les pourvoyeurs de leur propre mort!"), ce qui annonce bien sûr le destin tragique qu'il réserve à Valeria. Schwarzenegger lui-même mentionne la coupe lors du commentaire audio :
.
   
 
  Schwarzenegger : Et là, [Thorgrim] disait : "Je n'ai même pas pu les blesser, Maître..."  
 
       
 
 
   
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